L'année du Cardinal court du 22 mars 2007 au 22 mars 2008

déclare Mgr Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville

Le 3 décembre 2006, lors de la cérémonie de présentation des vœux à son Excellence Mgr Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville, deux allocutions ont été prononcées. D'abord par l'Abbé Jean Bantsimba-Malonga, Vicaire Episcopal, chargé du Clergé et des séminaires, qui, au nom des ouvriers apostoliques et des laïcs, a souhaité les vœux les meilleurs à l'Archevêqyue de Brazzaville. Puis à son tour répondant à son Vicaire Episcopal, Mgr Milandou lui a retourné les civilités. Dans leurs propos, les deux intervenants n'ont pas manqué d'évoquer le grand événement qui pointe à l'horizon, le 30ème anniversaire du martyre du Cardinal Emile Biayenda. Voici quelques extraits de ces deux allocutions.

… Après avoir, ainsi, remercié Dieu pour le passé, il nous faut regarder le futur, nous tourner résolument vers l'avenir. Quel est le principe moteur qui devrait régir nos actions pour l'année 2007 ?

L'année 2006 qui va s'éteindre dans quelques heures nous laisse des chantiers que nous n'avons pas encore achevés. Certains projets commencés, depuis longtemps, ont connu au fil de l'année une avancée considérable, d'autres débutés en cours d'année ont à peine pris leur envol.

Le 30ème anniversaire de la mort du Cardinal

Dans trois mois, nous célébrerons le 30ème anniversaire de la mort de notre regretté Pasteur, le Cardinal Emile Biayenda. Après quelques tâtonnements, et après avis du Collège des Consulteurs, je décrète que l'année du Cardinal court du 22 mars 2007 au 22 mars 2008. Ainsi nous aurons une année pleine pour célébrer dans la foi et la dignité les 30 ans de sa mort. Une année du Cardinal pour quel but ? Comme je l'ai dit dans la lettre circulaire, c'est pour en tirer le maximum de bénéfice spirituel de cette vie riche en vertus. Mettons tous à profit ce jubilé, pour qu'à tous les niveaux nous en retirions des fruits spirituels. En cette année du Cardinal, nous prierons intensément le Seigneur, pour que, par son sacrifice, le Seigneur Dieu accorde la paix véritable à notre Eglise et à notre pays, la grâce de la sanctification au clergé et aux communautés chrétiennes.


"Comment allons-nous rendre hommage à ce témoin de la foi qui est allé au sacrifice de sa vie pour sauver son peuple de l'humiliation et de la mort ?"

s'interroge l'Abbé Jean Batsimba-Malonga, Vicaire Episcopal, chargé du clergé et des séminaires.

Devant la tourmente d'une Eglise qui foule aux pieds les fondements de sa foi doctrinale, vous êtes porté par le souci de l'enseignement pur, authentique, de la transmission des valeurs pour une meilleure proposition de la foi catholique reçue des Apôtres.

C'est ce même élan de cœur qui a animé le bon Cardinal Emile Biayenda, notre regretté pasteur dont nous célébrons, cette année, les trente ans de martyre. En déclarant 2007 "Année Sainte pour le Souvenir de notre martyr", vous avez tracé une route de foi pour le peuple de Dieu à votre charge. Mort pour la paix de tous les Congolais du Nord, du Sud, de l'Est, de l'Ouest et du Centre, le Cardinal Biayenda est vivant pour renverser les barrières qui séparent les fils de ce pays.

Cette année 2007 est le moment tout indiqué, pour rendre hommage à notre regretté Pasteur de ses hautes vertus et du témoignage de sa vie de sainteté.

Comment allons-nous rendre hommage à ce témoin de la foi qui est allé au sacrifice de sa vie pour sauver son peuple de l'humiliation et de la mort ? Tout simplement en adoptant des gestes et des paroles de paix, d'amour sans discrimination aucune. C'est l'occasion tant rêvée de cultiver la paix autour de nous à travers des comportements qui favorisent l'union des cœurs et la large fraternité.

Cette paix dont Biayenda était un artisan chevronné, Dieu vient de nous l'apporter à Noël par son Fils, nouveau-né, humble de cœur, pauvre parmi les pauvres. C'est ce Dieu de bonté infinie qui, en descendant toucher du doigt la race pécheresse, nous a ouvert le chemin de l'éternité bienheureuse. Désormais, c'est dans un enfant épris de paix, avec sur le front le signe du pouvoir sans fin, que l'humanité peut enfin contempler le visage de Dieu, entendre sa parole de vérité. "Le peuple qui marchait dans les ténèbres, nous dit Isaïe, a vu se lever une grande lumière. Des extrémités du pays de la mort, une lumière a resplendi".

Que resplendisse donc à jamais, en cette nouvelle année, la lumière éternelle de Dieu pour que nos ténèbres s'éclairent, se changent en jour de Dieu et que la vie soit donnée en abondance ! Et comme l'année 2007 nous met en face des échéances électorales, c'est l'occasion ou jamais de demander au Seigneur Jésus les grâces nécessaires pouvant nous aider à faire face aux nombreux défis de paix et de réconciliation. Avec Marie, sa mère, la Vierge attentive, entrons dans l'intimité de ce Dieu humble qui, en prenant notre condition humaine, nous a donné de mieux toucher le cœur de Dieu.

     

Cardinal Emile BIAYENDA


N°87 janvier 2007

La Mémoire
"In verbo tuo laxabo rete : Sur ta parole, je vais jeter les filets " (Lc. 5,5)
Cardinal BIAYENDA